Les bases de l'informatique : matériel, logiciel, internet

Les bases de l’informatique reposent sur cinq notions : le matériel qui calcule et conserve, le logiciel qui donne les ordres, les fichiers rangés en dossiers, le réseau qui relie l’ordinateur à internet, et quelques réflexes de sécurité. Avec le vocabulaire juste, chaque manipulation devient compréhensible et chaque erreur se corrige plus vite.
Les bases de l’informatique commencent par deux mots
Tout ce qui compose un ordinateur appartient à l’une de deux familles. Le matériel désigne, selon FranceTerme, la base de terminologie du ministère de la Culture, « l’ensemble des éléments physiques employés pour le traitement de données » : ce qui se touche, se branche et peut se casser. Le logiciel, terme publié au Journal officiel du 22 septembre 2000, regroupe les programmes, procédés et règles qui font fonctionner cet ensemble : ce qui s’installe, se met à jour et se désinstalle.
Cette distinction oriente chaque diagnostic. Écran noir après une chute, touche muette, ventilateur qui siffle : la piste est matérielle. Fenêtre figée, message d’erreur, programme qui refuse de s’ouvrir après une mise à jour : la piste est logicielle, et elle se traite sans tournevis.
Une image aide à fixer l’idée : le matériel est une cuisine équipée, le logiciel son livre de recettes. Une cuisine neuve ne prépare rien sans recette, et la meilleure recette échoue sur un four en panne.
Ce que contient le boîtier, pièce par pièce
Tour de bureau ou portable, l’intérieur réunit les mêmes organes : seule leur taille change.
| Composant | Son rôle | L’image de la cuisine |
|---|---|---|
| Processeur | Exécuter les calculs demandés par les programmes | Le cuisinier au travail |
| Mémoire vive | Garder à portée de main ce qui sert en ce moment | Le plan de travail |
| Stockage (disque dur ou SSD) | Conserver fichiers et logiciels, appareil éteint | Les placards |
| Carte mère | Relier tous les composants entre eux | Les murs et les tuyaux |
| Alimentation et ventilation | Fournir le courant, évacuer la chaleur | Le compteur et la hotte |
FranceTerme décrit le processeur comme l’organe destiné « à interpréter et à exécuter des instructions ». Les modèles multicœurs réunissent plusieurs cœurs sur un même circuit pour traiter des opérations en parallèle.
Une confusion revient sans cesse, celle de la « mémoire ». La mémoire vive, ou RAM, accueille les programmes ouverts et se vide à l’extinction. Le stockage, lui, garde vos fichiers quand la machine est éteinte, sur un disque dur à plateaux tournants ou sur un SSD à mémoire flash, sans pièce mobile. Un message « mémoire insuffisante » et un message « disque plein » ne décrivent donc pas le même problème : fermer des programmes répond au premier, faire de la place répond au second.
Autour du boîtier gravitent les périphériques, rangés en trois familles :
- les périphériques d’entrée, qui envoient des informations à l’ordinateur : clavier, souris, pavé tactile, micro, scanner ;
- les périphériques de sortie, qui en reçoivent : écran, imprimante, haut-parleurs, casque ;
- les supports de stockage externes : clé USB, disque dur externe, carte mémoire.
Encrassés, le ventilateur et son radiateur évacuent mal la chaleur du processeur, avec les symptômes décrits dans notre article sur un ordinateur qui chauffe.

Le système d’exploitation, chef d’orchestre de la machine
Entre le matériel et vous se tient un logiciel à part, le système d’exploitation. Il démarre le premier à l’allumage, reconnaît les composants et les périphériques, partage la mémoire vive entre les programmes, gère les fichiers et affiche le bureau, les fenêtres et les menus.
Par-dessus viennent les applications : traitement de texte, tableur, retouche photo, messagerie, navigateur web. Chacune s’installe, se lance et se désinstalle indépendamment des autres, et toutes passent par le système d’exploitation pour accéder au matériel. Une application conçue pour un système ne tourne pas forcément sur un autre. C’est la compatibilité, à vérifier avant tout téléchargement.
Les mises à jour, une affaire de sécurité
Une mise à jour corrige des erreurs, ajoute parfois des fonctions et, surtout, comble des failles de sécurité. Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public d’assistance aux victimes, rappelle qu’un seul appareil ou logiciel non mis à jour suffit à exposer une faille. Retenez quatre de ses conseils :
- activer le téléchargement et l’installation automatiques quand le système le propose ;
- télécharger uniquement depuis les sites officiels des éditeurs et des fabricants ;
- se méfier des fenêtres surgissantes qui imitent une alerte de mise à jour ;
- lancer l’opération pendant un moment calme, car sa durée va de quelques secondes à plusieurs heures.
Box, Wi-Fi, navigateur : le trajet d’une page web
Chez vous, la box relie vos appareils à internet. FranceTerme recommande le terme boîtier multiservice, publié au Journal officiel du 16 juin 2007 : un appareil donnant accès à plusieurs services de communication, internet, téléphonie et télévision, à travers un même réseau.
Deux réseaux se superposent, et les confondre brouille le diagnostic. Le réseau local relie vos appareils à la box, par câble ou sans fil grâce au Wi-Fi. Internet commence après la box, chez l’opérateur. Un Wi-Fi à pleine puissance peut cacher un internet en panne, et une ligne parfaite peut souffrir d’un Wi-Fi trop faible au fond du logement. Pour ce second cas, la méthode pour améliorer un Wi-Fi lent à la maison passe en revue placement, bandes et répéteurs.
Sur l’ordinateur, le logiciel de navigation, ou navigateur, terme publié au Journal officiel du 16 mars 1999, sert à rechercher et consulter des documents en ligne et à suivre les liens qu’ils contiennent. Le moteur de recherche est autre chose : un site, ouvert dans le navigateur, qui sert à trouver d’autres sites.
Reste l’adresse web, que FranceTerme nomme adresse universelle (URL en anglais). Cette dénomination unique localise une page ou un document sur internet et indique la méthode d’accès, le nom du serveur et le chemin vers la ressource. L’adresse électronique, elle, se reconnaît au caractère @, l’arobase ou arrobe, qui sépare l’identifiant de l’utilisateur du nom de sa messagerie.

Fichiers, dossiers, extensions : ce que le bureau ne montre pas
Tout ce que vous enregistrez ou téléchargez devient un fichier. Les fichiers se rangent dans des dossiers, eux-mêmes contenus dans d’autres dossiers. Cette organisation en poupées gigognes porte un nom, l’arborescence, et l’adresse complète d’un fichier, du disque jusqu’à lui, s’appelle son chemin d’accès.
Le suffixe placé après le point, à la fin du nom, forme l’extension. Elle indique au système le type de contenu et le programme à ouvrir :
- .jpg ou .png pour une image ;
- .pdf pour un document figé, prêt à imprimer ou à envoyer ;
- .txt pour un texte brut, sans mise en forme ;
- .mp3 pour un fichier audio ;
- .zip pour une archive qui regroupe et compresse plusieurs fichiers.
Certains systèmes masquent les extensions par défaut. Les afficher aide à repérer une pièce jointe piégée : un fichier nommé « facture.pdf.exe » est un programme déguisé, pas une facture.
Deux verbes se ressemblent sans produire le même résultat : copier ou déplacer. Copier crée un double et laisse l’original en place. Déplacer, ou couper puis coller, change seulement l’emplacement : le fichier quitte son dossier d’origine. Sur la plupart des ordinateurs, faire glisser un fichier vers un autre dossier du même disque le déplace, alors que le glisser vers une clé USB le copie. Supprimer envoie d’abord le fichier à la corbeille, d’où il se récupère tant qu’elle n’a pas été vidée.
Trois réflexes de sécurité à prendre dès le premier jour
Un mot de passe long et différent pour chaque compte
Cybermalveillance.gouv.fr conseille un mot de passe d’au moins 12 signes mêlant majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux, différent pour chaque service. Dans sa recommandation publiée en octobre 2022, la CNIL cite aussi la phrase de passe d’au moins 7 mots, plus facile à retenir. Le mot de passe de la messagerie mérite le plus grand soin, puisqu’il sert à réinitialiser tous les autres. La CNIL recommande même de ne plus imposer de changement périodique, sauf pour les comptes d’administration. Un coffre dédié retient ces secrets à votre place : voyez notre méthode pour choisir un gestionnaire de mots de passe.
Une sauvegarde débranchée entre deux copies
Panne, vol ou rançongiciel effacent en un instant des années de photos. Cybermalveillance.gouv.fr recommande de sauvegarder sur plusieurs supports, d’en conserver un dans un autre lieu que l’original, de déconnecter le support après usage pour le mettre hors de portée d’un programme malveillant, et de vérifier régulièrement que la copie fonctionne. Supports, fréquence et test de restauration sont détaillés dans nos bonnes pratiques de sauvegarde.
L’hameçonnage : reconnaître l’appât
Le mot hameçonnage, publié au Journal officiel du 14 septembre 2021 en remplacement de « filoutage », désigne selon FranceTerme une technique de fraude visant à obtenir des informations confidentielles, comme des mots de passe ou des numéros de carte, au moyen de messages ou de sites qui usurpent l’identité d’institutions financières ou d’entreprises. Cybermalveillance.gouv.fr relève plusieurs indices :
- une offre trop alléchante pour être vraie ;
- une apparence inhabituelle ou approximative ;
- une pièce jointe inattendue ;
- une adresse d’expéditeur douteuse.
Le bon réflexe : ne jamais transmettre d’information sensible par message, vérifier l’adresse du site dans le navigateur et, au moindre doute, contacter l’organisme par ses coordonnées habituelles. Le cadenas affiché devant l’adresse signale une connexion chiffrée, pas un site honnête. Un SMS suspect se signale au 33700.

Progresser sans se décourager : une méthode en quatre temps
Le vocabulaire s’apprend en manipulant, par petites séances régulières :
- Tenez un carnet de vocabulaire : chaque mot nouveau, sa définition en une phrase, un exemple tiré de votre usage.
- Abordez une notion par séance et pratiquez-la aussitôt sur des fichiers sans valeur, jamais sur vos documents importants.
- Décrivez à voix haute ce que vous faites, « je copie ce fichier vers la clé » : nommer le geste ancre le mot.
- Demandez de l’aide avec les mots justes. « Le navigateur n’ouvre plus aucune page » oriente bien mieux qu’« internet ne marche pas ».
Ateliers en médiathèque, conseillers numériques et sites publics d’auto-formation sont recensés dans notre sélection de cours d’informatique gratuits pour débutants. Plus tard, pour gérer l’informatique d’une association, le guide d’hygiène informatique de l’ANSSI, publié le 23 janvier 2017, réunit 42 mesures présentées comme le socle minimum de sécurité d’une organisation.
Prochaine étape : ouvrez dès aujourd’hui l’explorateur de fichiers, affichez les extensions, créez un dossier « Essais » et répétez-y la séquence copier, déplacer, supprimer, restaurer. Ces quatre verbes reviendront dans presque toutes vos manipulations.
Questions fréquentes
Faut-il savoir programmer pour apprendre les bases de l’informatique ?
Non. Programmer consiste à écrire des logiciels, alors que les bases de l’informatique consistent à s’en servir en comprenant ce qui se passe : distinguer le matériel du logiciel, ranger ses fichiers, naviguer sans tomber dans les pièges. Un conducteur prudent ne fabrique pas son moteur. Vous pourrez aborder la programmation ensuite, par curiosité ou pour un projet professionnel : elle s’appuiera sur ce vocabulaire déjà acquis, qui rend chaque nouvelle explication plus facile à suivre.
Un ordinateur lent manque-t-il toujours de mémoire vive ?
Pas toujours. Une mémoire vive saturée ralentit nettement la machine quand trop de programmes et d’onglets restent ouverts, mais d’autres causes produisent le même symptôme : un stockage presque plein, un disque dur vieillissant, une mise à jour qui s’installe en arrière-plan, un programme malveillant ou une surchauffe qui bride le processeur. L’outil de surveillance intégré au système d’exploitation affiche l’occupation de la mémoire, du processeur et du disque, et montre lequel des trois sature.
Que faire d’un ordinateur qui ne reçoit plus de mises à jour ?
Un système qui n’est plus maintenu accumule des failles qui ne seront jamais corrigées. Pour les équipements impossibles à mettre à jour, Cybermalveillance.gouv.fr conseille de les séparer du reste du réseau ou de désactiver les services vulnérables. Chez un particulier, cela revient à réserver l’appareil à des usages hors ligne, sans banque ni messagerie, ou à installer un système encore maintenu si le matériel le supporte. Sauvegardez toujours vos fichiers avant une telle opération.